05 mai 2008
Contrôle
Il y a des jours comme cela…
Ce matin, je n’étais pas très fière : j’avais rendez-vous en radiologie, puis avec ma gynécologue pour un contrôle. J’avais beau me raisonner, me dire qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter puisque j’avais été traitée, et que je le suis encore pour cinq ans, je ne parvenais pas à garder l’esprit serein.
Quand la radiologue m’a dit « C’est en ordre, vous pouvez y aller », je me suis sentie tout de suite mieux. Quand on recommence la radio, là c’est mauvais signe…
J’ai donc changé de salle d’attente. La gynéco avait du retard. Dans la précipitation et la nervosité, j’avais oublié mon livre. Je me suis rattrapée sur les revues qui traînaient là : les nouveaux pères, l’accouchement, le problème des crèches, comment allaiter,… Enfin, les photos étaient jolies et ces lectures ne me demandaient pas trop de concentration. Puis ma gynéco est apparue dans le couloir, elle venait d’arriver, une heure de retard…
Mais l’essentiel est que tout aille bien : « remaniements séquellaires,… pas d’opacité, de rupture architecturale ou de foyer de micro calcifications suspect ». Quand je vous disais que tout va bien…
Encore quelques petites questions, des conseils, un sourire, une ordonnance, un document mutuelle et nous nous quittons jusqu’au mois de juillet…
19 mars 2008
Je tourne cette page
Ouf ! Heureuse d'avoir terminé la lecture et le résumé-mémo de "La technique psychanalytique", lecture imposée par PJ. Instructif. Voilà décortiqués quelques "faits morbides" que j'avais pu examiner autour de moi!
Comprendre les faits nous libère...
18 février 2008
Post it : le phénomène inflammatoire
"Nombre de cancers entraînent des phénomènes inflammatoires importants longtemps avant qu'ils n'aient atteint une taille significative. Il semble bien que ce soit cette inflammation qui est responsable des symptômes dépressifs précédant souvent le diagnostic de la maladie."
David SERVAN-SCHREIBER, Guérir le stress, l'anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse, (Pocket Evolution 12199), Paris, 2007, page 178.
13 février 2008
Ma décision
Nuit de lundi à mardi : nouvelle insomnie.
Ce mardi matin, hier donc, j’ai rendez-vous avec ma gynéco. Que faire ? J’ai tourné et retourné la situation dans ma tête. Je me sens mieux depuis jeudi dernier. Je suis parfois fatiguée encore. Reprendre, ne pas reprendre le 27 ?
Et là devant elle, tout s’est éclairci. J’y vais. Je comprends qu’après ces quatre mois j’ai peur de reprendre le boulot, peur d’être fatiguée, peur des questions, des regards de tous. Mais je dois retrouver la confiance en moi. C’est mon métier. Ca allait bien avant, ça ira après. Juste que je me sens « remplaçante ». J’ai le même sentiment d’inquiétude qu’avant, il y a longtemps, quand je faisais des intérims et que j’atterrissais pour un temps limité dans une école inconnue, devant des élèves inconnus. Quatre mois ont passé et j’ai vécu plein de choses extérieures à l’école mais mes élèves me connaissent, certains depuis six ans, ils m’ont écrit.
Je me sens prête. Ma gynéco (je l’aime bien, cette gynéco) m’a dit que je serai fatiguée. Je crois que je pourrai le gérer. En étant moins tatillonne, en faisant les bonnes pauses au bon moment, en gérant le stress, en allant à l’essentiel. Il y a un moment où il faut sortir de ce cercle de la maladie. J’y suis arrivée. Hier, je me sentais apaisée par la décision prise.
07 février 2008
Comment se remettre en forme, et le rester ?
Insomnies. Elles s’étaient fait rares ces derniers temps. En voilà une à se planter devant la « machine ».
A entendre les divers avis autour de moi, ces rayons c’était presque « rien ». Et mes séances se sont somme toute relativement bien passées. Evidemment la peau a brûlé mais elle s’est cicatrisée et régénérée assez rapidement. Il me reste un hâle léger, une sorte de vieux bronzage.
Cependant, au contrecoup de fatigue qui s’est installé après toutes ces séances, a succédé une sorte d’état nauséeux ; à ces douleurs épisodiques mais vives en ont succédé d’autres lancinantes et continues. Une sorte de poids constant à l’endroit du cœur.
A partir de 18h, je ne me sens plus bonne à rien. Je me force un peu. Imagine-t-on de se coucher si tôt ? Mais à 20h30 me voilà au lit, un livre à la main.
Je commence à m’inquiéter sérieusement de cet « état » et en attendant mes rdv de la semaine prochaine, je cherche sur internet. Ce n’est pas une solution. Car à lire les maux des autres, on s’en trouve parfois de nouveaux. J’ai toutefois lu qu’après l’arrêt des rayons chez certaines personnes pouvaient survenir des effets secondaires tels que ceux que je ressens. Je vais donc patienter quelques jours pour en parler avec les médecins.
Mais je m’inquiète aussi de la reprise du boulot, prévue le 27 février. Serai-je totalement en forme ?
J’ai reçu un mail d’une de mes remplaçantes - elles sont deux à faire mon travail et je m’en étais amusée, souvenez-vous !- et en voici un extrait : « Les choses se passent relativement bien à U***, même si, pour ne rien vous cacher, les 3èmes, et surtout les 4èmes, nous en font voir de toutes les couleurs à ma collègue et à moi-même. Ils n'ont pas la maturité nécessaire pour bien gérer le fait d'avoir deux professeurs, et surtout, vous leur manquez. Des retenues ont donc été données, ainsi que des punitions, mais il n'y a pas péril en la demeure et dans l'ensemble, les cours avancent! En 5ème et en 6ème, tout va très bien, le contact est bon et les cours avancent à une vitesse très satisfaisante. » Mon sang n’a fait qu’un tour : mes petits élèves… Ils me manquent aussi ! Mes 5èmes étaient géniaux, et les 6èmes très sympas. Vont-ils m’oublier ?
Une de me collègues me conseillait de reprendre et de m’absenter le jour où cela n’allait pas. Je ne pense pas que cela soit une bonne idée et je ne le ferai pas. Si je retourne à l’école, je dois être en forme et me trouver bien face aux élèves. Car une fois que l’on vous considère « guérie », plus de cadeau que ce soit de la part des élèves si sympathiques soient-ils ou de la part de la direction.
Suite lundi et mardi prochain.
En attendant, je vais essayer de ne pas trop me plaindre. Ici sur internet, mon « public » peut toujours cliquer sur une autre page mais, à la maison, pas question de devenir trop « chiante » !
26 janvier 2008
Une semaine de silence
J’ai terminé vendredi passé les rayons avec un immense soulagement !
D’abord car l’hôpital tous les jours pendant près de deux mois, c’était une contrainte très pesante mais aussi car je me suis demandée si ce sein allait enfin arrêter de gonfler et de brûler ! Les dernières séances (les rétrécis) ont été vraiment douloureuses.
Puis gros contrecoup… Je suis é-pui-sée ! Moi, la couche-tard, me voilà au lit avec les poules ! La semaine a été calme, presque monacale.
Henri était en mi-temps pédagogique à Arlon ; il avait recommandé au père de s’occuper de son bonzaï. Donc le bonzaï a squatté la baignoire pendant une semaine… Je vous le demande, pourquoi retirer un gentil petit bonzaï de sa baignoire quand on sait qu’il va la réintégrer le lendemain matin ? Bref, heureusement que le « petit » est rentré sans quoi à l’heure qu’il est le bonzaï serait déjà noyé (d’amour)…
Nous avons fait, Cocotte et moi, une petite sortie sympa « entre femmes » dans une brasserie avant que ma « grande », la malheureuse !, ne soit, jeudi, opérée des dents de sagesse.
A part cela, j’ai vu sur dvd « les invasions barbares », j’ai peu lu mais ai préparé quelques textes sur Horace et l’épicurisme. La semaine prochaine, ce sera Horace et la doctrine stoïcienne.
L’école me réclame : B*** m’a déjà programmé une sortie en avril, K*** m’a « e-mailé », un parent d’élève et fournisseur de GPh (le monde est petit !) est passé au labo, … : tout cela me fait stresser car je me demande si je serai prête !
Je vais bien mais je manque encore un peu de punch ! Ceci dit, j’ai encore un mois de repos et il me faudra aussi le feu vert du radiothérapeute et de la gynéco en février !
Et puis, il faudra que je m’organise un peu mieux !!! La première chose à faire est d’être rigoureuse, à commencer par… la tenue de ce blog !
18 janvier 2008
La quille !
17 janvier 2008
La pénultième
J-1 !
Aujourd’hui, c’est jeudi au Centre C***-D***. C’est le jour où il y a le moins de personnel et où les membres de l’équipe se trouvent (probablement pas au hasard) placés à la « machine à électrons » ou à l’accélérateur. Aujourd’hui, il y avait du monde dans cette petite salle de l’accélérateur : Sylvie, le-gentil-monsieur-qui-m’a-dit-que-les-déo-à-billes-sont-cancérigènes, Huguette-qui-trouve-que-j’ai-de-beaux-seins (si !si ! c’était vendredi passé et elle me fait depuis plein de sourires et de clins d’yeux !) et une « nouvelle», en observation, à qui tout le monde explique tout en même temps ! Moi, je n’y comprenais goutte…
Première opération et non des moindres : déterminer quelles lignes de fuschine il fallait suivre et se souvenir (oups ! ils avaient oublié) que je faisais les « rétrécis », c’est-à-dire les rayons centrés à l’endroit où se trouvait la tumeur. Je me place bien à droite, on incline le collimateur à 30°, puis DSP, en haut, DSP, latéral, DSP, on met les plaquettes pour rétrécir encore le champ d’irradiation et enfin ils appellent la « Chef » (elle s’est coupée les cheveux !). C’est bon, l’accélérateur accélère quelques secondes. Est-ce que cela dure une minute ? J’avais demandé il y a quelques temps combien de temps réel prenait l’irradiation mais personne ne savait. Peu importe !
Ouf ! C’était la pénultième.
Demain la dernière !
Note : DSP : technique en distance source peau (DSP) utilisant deux faisceaux tangentiels interne et externe de mêmes dimensions, opposés et également pondérés. L'angulation de leurs axes doit être adaptée à la conformation thoracique de chaque patiente. Vous avez compris ?
11 janvier 2008
Compte à rebours
Ah! J'en vois enfin le bout!
A moins d'un entretien de la "bête", d'une explosion du centre Cogniaux-Dancot ou d'un cataclysme universel, j'en ai terminé dans 5 (c-i-n-q) séances...
Ouf!
La "bête" ou "machine", c'est un accélérateur linéaire qui envoie des électrons sur une surface ciblée et très réduite.
07 décembre 2007
Radiothérapie
La semaine dernière, j’avais eu droit à la simulation et au scanner et j’ai donc entamé cette semaine la radiothérapie. Les deux premières séances ont été difficiles. Non que ce soit douloureux ou inquiétant mais c’est long… A la suite d’une maintenance, la « Machine » était en panne ! Donc les techniciens avaient accumulé un certain retard ou pour être plus précis un retard certain ! Et nous avons attendu… Comment décrire l’atmosphère de cette salle d’attente ? Il y va presque de la thérapie de groupe ! A peine arrivée, moi, fraichement nouvelle, j’ai été suivie d’yeux interrogateurs qui visiblement quoique muettement me demandaient de décliner mon C.V. Les grandes questions sont bien sûr : est-ce qu’on vous en a retiré un ou les deux et quelle était « la » dimension de ma tumeur. Aux yeux de mon interlocutrice, à qui il « en » manque un mais qui ne « fera pas de chirurgie réparatrice », et qui « avait une tumeur de 4 cm », j’étais de la gnognote ! Mais il faut ajouter qu’elle a 70 ans et moi 44, ce qui fausse quelque peu la mise ! Impossible de louper le personnage ! Septante ans, une fille de quarante-sept, une perruque qu’elle « doit tenir de sa main ou à l’aide d’un foulard, malgré les scratch, les jours de grand vent » (c’était le cas aujourd’hui), un sein en moins comme je l’ai dit plus haut, elle tient le crachoir, parle haut et fort de sa vie de tous les jours, de la crème « daktarin » qu’elle doit appliquer sur ses plaies, de son passage la semaine prochaine sur « l’autre machine » qui marque – enfin – la fin du traitement, de sa peur de l’orage et des éclairs… J’écoute. Pas besoin de répondre, simplement opiner du bonnet… Mais au fond pourquoi je ne dois pas le mettre, moi, le « daktarin » ? Ecoutant ce cours de radiothérapie, voilà que je m’inquiète ! Et d’apprendre que suivant les quatre médecins du centre, le traitement est différent. Question d’école… Oui, je sais ; moi, je suis de l’école française, tandis qu’à Ste Elisabeth, c’était l’école américaine. Je crois que je ne vais pas résoudre les problèmes d’école aujourd’hui… Enfin, c’est à moi. Je me prépare pour la « Machine » à photons…
A lire :
http://infocancer.nexenservices.com/ESP/RADIOTHERAPIE/radiotherapie.htm








